Groupement des Praticiens en Psychogériatrie
p.a. Caroline Jobin, av. Haldimand 67, 1400 Yverdon-les-Bains

CCP 17-277124-7
 


 Table ronde future


 Tables rondes passées

 

Tables rondes passées

(23 novembre 2017) Face à la demande de mort de l'âgé...Impacts et questionnement
par Christine Félix, inf., M.Ph. Philosophie morale, Maître d'enseignement à l'institut et HEds La Source, res. du CAS Leadership en éthique et de recherche "système de santé, éthique et interprofessionnalité"
et Daniel Ducraux, inf.,MScN, inf. clinicien spécialisé au SUPAA

Très intéressante conférence et débat animé autour de l'augmentation du nombre de demandes de suicide assisté dans les EMS y compris de PAA.

Outre le questionnement et l'acceptation du suicide, c'est la possibilité pour les professionnels de mettre des "maux" (mots) sur cette situation de demande de suicide assisté par une personne âgée en EMS.

Le monde des EMS est sans cesse tiraillé entre les principes d'une éthique libérale où la liberté individuelle prime sur tous les autres principes et l'éthique du "care" fondateur du métier de soignant.

Le problème est que les soignants ont été mis à l'écart par la loi de ce phénomène social qui est vu plus comme une question de liberté que de santé. Le principe de l'autonomie statutaire est mis en avant dans la mise en avant de la capacité de discernement. Comme si cette question du suicide assisté était uniquement une question qui relève du cognitif... comme si nous étions des individus sans lien collectif.

Il faut au contraire se poser la question de la motivation des personnes âgées pour demander une assistance au suicide. Le problème de nos sociétés qui font que nos anciens se sentent inutiles et en perte d'une identité qui plus jamais ne sera.

Les conférenciers proposent de mettre en place une "clinique du trépas" auprès de l'âgé qui met au centre la nécessité d'un lien affectif permanent et avisé.


(29.09.2016) Socialisation et démence
par Isabelle Mallon, maître de conférences en sociologie à l'université Lumière Lyon II. Elle est membre du GRS (Groupe de recherche sur la socialisation, CNRS-université Lyon II)
Auteur de Vivre en maison de retraite. Le dernier chez soi

Mme Mallon est avant tout sociologue et tout son discours sur la personne démente s'inscrit avant tout dans un questionnement autour de son contexte social.
Pour elle, la démence est une expérience (et non une épreuve) socialisatrice.
En effet, la situation qu'entraîne la maladie comme la démence induit un phénomème de désocialisation de la personne et de son entourage. Cette expérience induit pour la personne elle-même et pour ses proches un effort pour se resocialiser.
Elle rappelle que le processus de socialisation existe tout au long de la vie. Il est indispensable pour tout être humain qui ainsi s'inscrit dans une société dont il intègre certaines valeurs, des normes en ce qui concerne les comportements sociaux tolérés mais aussi un besoin d'appartenance à un groupe.

Ainsi la démence lorsqu'elle parait induit un double travail de socialisation : par les proches et sur les proches. Dans ce contexte, on distingue différents types de désocialisation :

- à l'annonce du diagnostic, les proches s'accordent à dire que passé le choc, ce qui est le plus difficile à accepter c'est que la personne malade bien que différente est toujours celle qu'on a connu. C'est toujours lui bien que différent...

- l'autre grande difficulté est que la personne malade subit une altération du monde vécu. La réalité avec le proche ne peut plus tout à fait être partagée. Ces phénomènes ne sont bien sûr pas linéaires et homogènes mais avec des alternances.

- pour le proche, il s'agit aussi de maintenir une socialisation de la personne malade en acceptant de le laisser prendre des risques. Trop souvent, la conduite de surprotection de la personne démente accélère le processus de désocialisation.

- de même, il s'agit de se questionner sur la tolérance à l'erreur du proche en particulier en ce qui concerne les comportements sociaux qui pour les éviter induit un effet de désinsertion sociale.

Mme Mallon propose quelques stratégies pour la personne démente pour freiner la désocialisation :

- renforcer les routines qui facilitent la vie de tous

- mettre en place des rappels explicites des activités et des supports (agendas, etc.). Proposer des activités

- maintenir la personnalité de la personne malade en renforçant les traits qui font qu'il est toujours ce qu'il a toujours été.

Pour le proche aussi, le risque de désocialisation existe. Afin de le diminuer, il est important de mener une réflexion et d'accepter les changements de rôles. En raison de la maladie, il faudrait accepter  que l'on doive assumer ce que faisait l'autre.

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(10.02.2016) Les personnes âgées homosexuelles en institution : une question taboue ?
par Dorota Drozdek, Stéphanie Senn, Catherine Senn-Dubey, Professeures à la Heds Fribourg

Pour cette nouvelle table ronde, nous avons convié des enseignantes-chercheurs qui ont travaillé sur un sujet peu abordé quand on parle de personnes âgées, l'homosexualité.
Ou plutôt les personnes LGTB (lesbienne - gay - transgenre - bisexuel) et leur vécu en institution.
La table ronde s'est déroulée dans les locaux de Vogay à Lausanne, association qui a co-organisé cette soirée.

Leur présentation s'intitule : Il n'y a pas d'âge pour s'aimer

Sur le sujet, on peut aussi visionner le reportage diffusé sur la RTS en novembre 2014 sur une association née à Zurich qui veut créer un EMS spécialement destiné aux personnes homosexuelles
.

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(08.12.2014) Ce soir au Palace... une sortie différente !
par différents intervenants d'institution formés à la méthode Montessori
Pour cette dernière table ronde de l'année, le comité a décidé d'organiser une rencontre EXTRA-ordinaire!
Ce soir-là, nous nous sommes réunis dans une salle du Palace de Lausanne en compagnie de membres du GPPG mais aussi d'une quarantaine de résidents des EMS utilisant la méthode Montessori. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Inviter les personnes directement concernées par les sujets de nos tables rondes !
François Matt et Joël Volery ont introduit la réunion en expliquant le choix du sujet.
En effet, c'est par l'expérience avec plusieurs habitants qu'ils ont réalisé l'importance pour certains d'entre eux de se retrouver dans un environnement luxueux. Pour certains, cela leur rappelle des souvenirs mais pour tous c'est comme si cet environnement de haut standing leur faisait un effet positif. La personne se tient droit, boit sa coupette de champagne sans en verser une goutte, l'accueil est délicat, le personnel ne fait aucune différence et ne s'arrête pas à l'apparence, etc.
Plusieurs membres du personnel se sont exprimés sur leurs expériences très étonnantes et toujours riches en émotions.
A la fin de la table ronde, un magnifique apéritif nous a été servi.
P.S. : en conclusion, une magnifique réplique dite par une résidente avant d'aller se coucher en rentrant du Palace :"Je vous remercie pour cette soirée. Ce soir dans ma prière, je dirai à mon mari que j'ai enfin été voir ce que nous rêvions d'aller voir ensemble !"
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(16.06.2014) Clarifications institutionnelles du besoin affectif et sexuel en EMS
par Mmes Martine Risuleo et France Lavenna

Nous avons demandé aux personnes venues faire cette intéressante présentation de pouvoir la mettre en ligne sur notre site.
La voilà !


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(20.01.2014) Méthode Montessori, quelles suites pratiques dans nos institutions ?
par différentes équipes d'EMS

Une petite étude a été menée et présentée par Sandrine Heuls.

info@lacote.ch

Les soignants sont bien souvent maltraités par ceux dont ils s'occupent dans les établissements médico-sociaux pour personnes âgées, mais ils préfèrent ne pas en parler. C'est du moins ce qui ressort d'une petite étude menée par Sandrine Heuls, directrice de trois EMS dans les régions d'Yverdon et de Lausanne, qu'elle a présentée à Préverenges, jeudi dernier, à l'issue de l'assemblée générale des Amis de la Diligence (EMS aux Charpentiers, à Morges).

La maltraitance des personnes âgées par le personnel soignant est un thème récurrent dans les journaux. Pourtant, cette problématique va aussi dans l'autre sens. Selon l'étude menée par Sandrine Heuls, 90% des soignants interrogés ont admis avoir été témoins ou avoir subi à plusieurs reprises des violences verbales, voire physiques, de la part de pensionnaires en EMS. Seulement, ce problème n'est pas abordé au sein des équipes de soin pour différentes raisons.

 

Cercle vicieux

 

"Il y a de la violence réciproque au sein de la relation thérapeutique" , a expliqué l'oratrice qui a démontré le cercle vicieux qui sous-tend les relations entre patients et soignants. La personne malade est perçue comme agressive, alors le soignant se défend. Du coup, le soignant qui se défend est perçu comme agressif et le patient se défend... "L'épuisement et la maltraitance doivent être discutés en colloque , a insisté Sandrine Heuls. Si on admet que la violence du patient existe, le soignant pourra en parler."

La conférencière a par ailleurs tenu à rappeler les conditions difficiles dans lesquelles la plupart des nouveaux pensionnaires arrivent dans les établissements médico-sociaux. "L'EMS est un lieu de vie où la personne doit se sentir chez elle... alors que ses facultés sont amoindries, qu'elle a toujours dit qu'elle ne voulait jamais aller en EMS, qu'elle doit parfois partager sa chambre avec quelqu'un d'autre, manger tous les jours dans un restaurant..." a souligné la conférencière pour montrer combien la tâche était difficile.

Sandrine Heuls a encore insisté sur l'importance de promouvoir la formation des soignants et sur la nécessité de créer des espaces d'échanges et de discussions à ce propos.

- See more at: http://www.lacote.ch/fr/regions/des-soignants-maltraites-par-des-soignes-en-ems-590-410270#sthash.TgAkE94D.dpuf
Première table ronde de l'année et bel auditoire !
Il faut dire que le sujet était intéressant... plusieurs représentants venant de 6 institutions romandes (NE - FR - VD) volontaires pour nous présenter la manière dont ils ont mis en pratique la formation sur la méthode Montessori qu'ils avaient suivie.
Un grand enthousiasme pour des idées simples mais qui changent tout !

Evelyne Berlani (nouveau membre du comité et directrice d'EMS et d'un foyer de jour dans le canton de NE) a ouvert les feux en présentant ce qui existe dans son institution depuis déjà plus de 18 mois.
Un exemple : chaque résident possède un panier qui contient des objets et autres supports qui peuvent être utilisés soit par le personnel mais aussi par les proches pour entrer en relation avec le résident. Chaque résident a un panier différent qui contient des objets qui ont du sens pour lui permettant ainsi de le rejoindre là où il est.
Evelyne a insisté aussi sur l'importance de laisser le résident choisir (choix max. entre 2 choses).
Montessori, c'est aussi faire en sorte que le résident participe autant qu'il veut et peut à la vie de la maison : mettre la table (set plastifié avec assiette et couverts dessinés), couper ou distribuer le pain, animer une activité, etc.
Un de leurs projets : faire les lits avec les résidents !

Caroline Jobin a aussi témoigné de ce qui a changé dans son EMS dans le canton de FR et rappelé l'importance de se présenter à chaque fois au résident. Des badges lisibles et avec le prénom en grand ont été introduits.

Puis ce furent les équipes de l'EMS le Home, les Pins, l'Orme et la Vernie de présenter leurs expériences avec la méthode Montessori. Pour tous, une aventure positive pour les résidents mais aussi pour le personnel. C'est un changement dans les pratiques quotidiennes qui offre un nouveau regard et de l'espoir dans l'acompagnement de personnes souvent très démentifiées. Les ressources sont là mais souvent enfouies depuis longtemps. Il ne faut pas hésiter à insister car à force de répéter les choses changent et le résident est véritablement vu au travers de ses ressources et non de ses difficultés.
Un exemple : systématiser le test de lecture à l'admission...
Mais Montessori c'est surtout : "aide-moi à faire seul" alors oui, il ne faut pas hésiter à savoir se retirer quand on observe que les résidents prennent le relais par ex. dans une discussion sur un thème.
Et les animatrices de dire que ne rien faire, c'est faire quelque chose...


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(18.09.13) Nouveau droit de la protection de l'adulte
par François Matt, Directeur d'EMS

Une petite étude a été menée et présentée par Sandrine Heuls.

info@lacote.ch

Les soignants sont bien souvent maltraités par ceux dont ils s'occupent dans les établissements médico-sociaux pour personnes âgées, mais ils préfèrent ne pas en parler. C'est du moins ce qui ressort d'une petite étude menée par Sandrine Heuls, directrice de trois EMS dans les régions d'Yverdon et de Lausanne, qu'elle a présentée à Préverenges, jeudi dernier, à l'issue de l'assemblée générale des Amis de la Diligence (EMS aux Charpentiers, à Morges).

La maltraitance des personnes âgées par le personnel soignant est un thème récurrent dans les journaux. Pourtant, cette problématique va aussi dans l'autre sens. Selon l'étude menée par Sandrine Heuls, 90% des soignants interrogés ont admis avoir été témoins ou avoir subi à plusieurs reprises des violences verbales, voire physiques, de la part de pensionnaires en EMS. Seulement, ce problème n'est pas abordé au sein des équipes de soin pour différentes raisons.

 

Cercle vicieux

 

"Il y a de la violence réciproque au sein de la relation thérapeutique" , a expliqué l'oratrice qui a démontré le cercle vicieux qui sous-tend les relations entre patients et soignants. La personne malade est perçue comme agressive, alors le soignant se défend. Du coup, le soignant qui se défend est perçu comme agressif et le patient se défend... "L'épuisement et la maltraitance doivent être discutés en colloque , a insisté Sandrine Heuls. Si on admet que la violence du patient existe, le soignant pourra en parler."

La conférencière a par ailleurs tenu à rappeler les conditions difficiles dans lesquelles la plupart des nouveaux pensionnaires arrivent dans les établissements médico-sociaux. "L'EMS est un lieu de vie où la personne doit se sentir chez elle... alors que ses facultés sont amoindries, qu'elle a toujours dit qu'elle ne voulait jamais aller en EMS, qu'elle doit parfois partager sa chambre avec quelqu'un d'autre, manger tous les jours dans un restaurant..." a souligné la conférencière pour montrer combien la tâche était difficile.

Sandrine Heuls a encore insisté sur l'importance de promouvoir la formation des soignants et sur la nécessité de créer des espaces d'échanges et de discussions à ce propos.

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Au 1er janvier 2013, le Code Civil Suisse a été révisé dans la partie présentant le droit de la protection de l'adulte. Plusieurs articles de cette loi concernent les praticiens travaillant en EMS. Il y a même une partie ne concernant que les personnes en EMS !
Francois Matt a choisi de présenter les points suivants :
  • Les mesures personnelles anticipées (art. 360 à 373 CC)
  • L’intervention des proches (art. 374-376 CC)
  • Les soins médicaux (art. 377-381 CC)

Le mandat pour cause d'inaptitude, le répresentant dans le domaine médical, les directives anticipées et les mesures de limitation de la liberté de mouvement sont des nouveaux termes avec lesquels il va falloir se familiariser...

Pour plus de détails, voilà la présentation faite par François.

 

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(20.02.2012) Violence, maltraitance des soignants par les résidants en EMS
par Sandrine Heuls, Directrice d'EMS

Une petite étude a été menée et présentée par Sandrine Heuls.

info@lacote.ch

Les soignants sont bien souvent maltraités par ceux dont ils s'occupent dans les établissements médico-sociaux pour personnes âgées, mais ils préfèrent ne pas en parler. C'est du moins ce qui ressort d'une petite étude menée par Sandrine Heuls, directrice de trois EMS dans les régions d'Yverdon et de Lausanne, qu'elle a présentée à Préverenges, jeudi dernier, à l'issue de l'assemblée générale des Amis de la Diligence (EMS aux Charpentiers, à Morges).

La maltraitance des personnes âgées par le personnel soignant est un thème récurrent dans les journaux. Pourtant, cette problématique va aussi dans l'autre sens. Selon l'étude menée par Sandrine Heuls, 90% des soignants interrogés ont admis avoir été témoins ou avoir subi à plusieurs reprises des violences verbales, voire physiques, de la part de pensionnaires en EMS. Seulement, ce problème n'est pas abordé au sein des équipes de soin pour différentes raisons.

 

Cercle vicieux

 

"Il y a de la violence réciproque au sein de la relation thérapeutique" , a expliqué l'oratrice qui a démontré le cercle vicieux qui sous-tend les relations entre patients et soignants. La personne malade est perçue comme agressive, alors le soignant se défend. Du coup, le soignant qui se défend est perçu comme agressif et le patient se défend... "L'épuisement et la maltraitance doivent être discutés en colloque , a insisté Sandrine Heuls. Si on admet que la violence du patient existe, le soignant pourra en parler."

La conférencière a par ailleurs tenu à rappeler les conditions difficiles dans lesquelles la plupart des nouveaux pensionnaires arrivent dans les établissements médico-sociaux. "L'EMS est un lieu de vie où la personne doit se sentir chez elle... alors que ses facultés sont amoindries, qu'elle a toujours dit qu'elle ne voulait jamais aller en EMS, qu'elle doit parfois partager sa chambre avec quelqu'un d'autre, manger tous les jours dans un restaurant..." a souligné la conférencière pour montrer combien la tâche était difficile.

Sandrine Heuls a encore insisté sur l'importance de promouvoir la formation des soignants et sur la nécessité de créer des espaces d'échanges et de discussions à ce propos.

- See more at: http://www.lacote.ch/fr/regions/des-soignants-maltraites-par-des-soignes-en-ems-590-410270#sthash.TgAkE94D.dpuf
Les soignants sont bien souvent maltraités par ceux dont ils s'occupent dans les établissements médico-sociaux pour personnes âgées, mais ils préfèrent ne pas en parler. C'est du moins ce qui ressort d'une petite étude menée par Sandrine Heuls, directrice de trois EMS dans les régions d'Yverdon et de Lausanne, qu'elle a présentée aux membres du GPPG présents ce soir-là.

La maltraitance des personnes âgées par le personnel soignant est un thème récurrent dans les journaux. Pourtant, cette problématique va aussi dans l'autre sens. Selon l'étude menée par Sandrine Heuls, 90% des soignants interrogés ont admis avoir été témoins ou avoir subi à plusieurs reprises des violences verbales, voire physiques, de la part de pensionnaires en EMS. Seulement, ce problème n'est pas abordé au sein des équipes de soin pour différentes raisons.

"Il y a de la violence réciproque au sein de la relation thérapeutique" , a expliqué l'oratrice qui a démontré le cercle vicieux qui sous-tend les relations entre patients et soignants. La personne malade est perçue comme agressive, alors le soignant se défend. Du coup, le soignant qui se défend est perçu comme agressif et le patient se défend... "L'épuisement et la maltraitance doivent être discutés en colloque , a insisté Sandrine Heuls. Si on admet que la violence du patient existe, le soignant pourra en parler."

La conférencière a par ailleurs tenu à rappeler les conditions difficiles dans lesquelles la plupart des nouveaux pensionnaires arrivent dans les établissements médico-sociaux. "L'EMS est un lieu de vie où la personne doit se sentir chez elle... alors que ses facultés sont amoindries, qu'elle a toujours dit qu'elle ne voulait jamais aller en EMS, qu'elle doit parfois partager sa chambre avec quelqu'un d'autre, manger tous les jours dans un restaurant..." a souligné la conférencière pour montrer combien la tâche était difficile.

Sandrine Heuls a encore insisté sur l'importance de promouvoir la formation des soignants et sur la nécessité de créer des espaces d'échanges et de discussions à ce propos.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez lire encore la présentation que Mme Heuls a fait sur le sujet lors d'un congrès à Prague en 2011.


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(14.11.11) Kinaesthetics
par Marianne Schroeter, formatrice en kinaesthetics

Kinesis (mouvement) et aesthetic (perception)

Comment aider les résidents à se mouvoir sans trop d'effort et sans douleur ?


Lors de cette table ronde réunissant une trentaine de participants, cette énergique enseignante nous a fait une présentation très intéressante de cette technique utilisée et enseignée dans les écoles de soin depuis de nombreuses années en Suisse allemande.
La notion de Kinaesthetics pourrait se résumer par l'"Art/Science de la perception du mouvement".
Le mouvement constitue l'un des fondements de la vie.
Si les hommes, tous âges confondus, sensibilisent leur perception des mouvements et développent leur compétence de mouvement, ils peuvent gagner un enrichissement durable de leur qualité de vie en termes de santé, de développement personnel et de capacité d'apprentissage.

Par des exercices pratiques, Mme Schroeter nous a montré comment lors de l'accompagnement de personnes âgées souffrant de démence, il est important, à la fois pour le soigné et pour le soignant, de concevoir les interventions de soin comme des interactions entre deux personnes.
Le principe de base est de rechercher les mouvements naturels de la personne soignée de manière à solliciter ses ressources, cela afin de faciliter le travail du personnel mais surtout favoriser l'autonomie de la personne âgée.


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(14.06.11) Projection du film Ultima Donna
de Tristan Aymon

En présence du réalisateur, ancien étudiant de l'ECAL.

Ce magnifique court métrage montre avec beaucoup de subtilité et de finesse la rencontre d'un monsieur âgé vivant à domicile et une jeune aide engagée par sa fille pour la soulager. Comment retrouver sa dignité d'homme quand on a besoin d'aide pour la vie quotidienne ?

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(31.01.11) Projection du film Mariette
de Christophe Reyners, Bruxelles.

En présence d'Olivier Taramarcaz, coordinateur Formation et Culture Pro Senectute et organisateur du festival du film Visages à Martigny.

Mariette ne peut plus vivre à domicile. Son mari de quatre-vingt dix ans ne parvient plus à assumer au quotidien la situation de sa femme, confrontée à des pertes de mémoire. Son petit-fils décide de la filmer dans l'institution où elle séjourne.Moments de rencontre, d'intimité et d'intense émotion, dans le regard d'une femme, placée dans une institution peu amène à l'égard des besoins de Mariette, prenant peu en considération sa réalité de son histoire.

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(25.03.10) Le Baluchon Alzheimer
Mme Marie Gendron Infirmière PhD de Montréal.

Le Baluchon Alzheimer nous en vient de la belle Province.

Depuis plusieurs années cette organisation a pour mission de donner du répit et de l'accompagnement aux aidants d'un proche atteint de la maladie Alzheimer.

Plus concrètement elle permet aux aidants de prendre du répit en toute tranquillité durant une ou deux semaines sans avoir à transférer leur proche dans un autre milieu que son domicile.

Elle est aussi un soutien dans l'accompagnement du proche en proposant des stratégies nouvelles mais adaptées à leur propre situation.

Lors de cette table ronde, Marie Gendron a partagé avec la vingtaine de personnes présentes sa vision de la maladie d'Alzheimer, maladie qu'elle envisage de manière différente car elle la décrit avant tout comme une maladie mystérieuse et par certains aspect fascinante !

On peut retrouver son concept et son approche en lisant le très bon ouvrage qu'elle a récemment publié : Le Mystère Alzheimer".



A la fin de son exposé, nous avons écouté une très belle chanson de Julos Beaucarne sur un poème de Marie Gendron

Les Larmes de la mémoire

J'aime ces gens étranges.
Des trous de plus en plus profonds se creusent dans leur mémoire.
Des trous qui se remplissent de peurs, présentes ou passées,
de plaies jamais guéries.
Des Trous qui délogent les interdits et les normes,
d'où émergent des élans de vérité.
Cette vérité commune à tous quand les masques ont fondu.
Vérité qui aime et déteste sans contrainte.
Ce que la raison camoufle, l'Alzheimer le fait éclater
au grand jour.
l'inconscient se lézarde.
Les blessures enfouies refont surface.
Les photos flétries reprennent vie, comme les rêves
révèlent ce que nous taisons le jour.
Le temps passé devient présent.
Et le présent n'est que l'instant.

J'aime ces gens étranges.
Leur raison déraisonne.
Ils sont les délinquants de la comédie humaine.

Le coeur ne souffre pas d'Alzheimer.
Il capte l'émotion et oublie l'évènement.
Saisit l'essentiel et néglige l'accessoire.
Sent la fausseté des gestes et des paroles.
Fuit le pouvoir et réclame la tendresse.
Plus je partage leur vie, plus je sens des trous tout aussi
profonds à l'intérieur de moi.
On les dit confus et pourtant, à leur insu, ils me réflètent crûment
mes parts d'ombre et de lumière.
Deviennent mon propre miroir: miroir de mes peines camouflées,
de mes désirs enfouis, de mes fantaisies réprimées,
de ma liberté aux ailes cassées.

J'aime ces gens étranges.
Ils ont le mal de leur enfance comme on a le mal du pays.
Ils cherchent, cherchent... jusqu'au jour où leur silence
devient un cri insupportable.

J'aime ces gens étranges.
Comment arriverai-je à vivre sans eux?
Comment? Comment?

Marie Gendron

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(18.01.10) Le Manger-mains
par Mme Anira Launaz, Chef de projet et M. Joël Volery, resp. hôtelier au Home SA.

Lors de cette table ronde, Mme Launaz, a tout d'abord fait une présentation du manger mains et du livre publié par l'association ARPEGE.

Cette technique, qui a comme objectif de maintenir l'autonomie des résidents lors des repas, s'apparente à une texture modifiée. Elle a été développée en phase test du projet,  et  est proposée depuis 2003, par exemple, aux habitants de l'EMS le Home SA.

En deuxième partie, Joel Volery, a présenté l'évolution pratique de cette "technique"  au sein de son institution.

La présentation s'est terminée par un débat riche d'échanges.

Cette table ronde a retenu l'attention d'une vingtaine de participants, elle a été clôturée par une dégustation manger-mains confectionnée par l'équipe de cuisine du Home SA.

En conclusion, cette démarche peut être une alternative intéressante qui  facilite l'autonomie pour la prise des repas de certains habitants. Cependant, elle doit être l'oeuvre d'une réflexion d'équipe et doit toujours être individalisée à chaque situation.

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(07.09.09) Enjeux identitaires et estime de soi:

(16.11.09) De l'influence du risque sur la personnalisation du soin. Quelle(s) conséquence(s) pour le soignant ?
par Mme Sandrine Jaton, resp. de maison à l'EMS Montbrillant à Chailly sur Montreux
La recherche présentée s'intéresse aux stratégies mises en place par l'établissement de Montbrillant (Chailly, Vaud) à travers les soignants, afin de trouver un certain équilibre entre le maintien des ressources du résident (ses choix, ses habitudes, son intimité) et l'application des mesures sécuritaires (par exemple protection contre les chutes, les disparitions soudaines, les mesures de diététique, d'hygiène ou de vie en communauté).
Mme Jaton nous a exposé l'investigation d'un système d'offre en soins basé sur deux principes : le respect des habitudes de vie du résident et la prise de risque.
La dernière partie du mémoire aborde la discussion basée sur l'exposé de l'action, les conséquences pour le soignant et la question de la transférabilité du processus observé.
Passionnée par son sujet, Mme Jaton a su nous communiquer ses préoccupations centrées sur le bien-être du résident.
Une partie du personnel de l'EMS a participé à la table ronde et a pu ainsi confirmer les bienfaits de cette approche innovante.
Comme le dit Mme Jaton, l'EMS est sans doute "Hors-norme" par rapport aux autres EMS de psychogériatrie mais pas seulement parce que c'est un établissement ouvert mais aussi et surtout parce que, dans cet EMS, le personnel n'hésite pas à se remettre en question même sur des pratiques ancestrales.
Merci à elle de nous avoir bousculé dans nos certitudes !

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par Mme Eliane Christen, resp. de l'UNIGER (unité de recherche et d'intervention en gérontologie, Institut de Psychologie,UNIL)

"On demande rien quand on est insignifiant... on ne dit plus rien !"

Touchée par le témoignage de cette résidente recueilli lors d'une enquête dans un EMS vaudois, Mme E. Christen a décidé d'axer ses recherches sur l'importance du maintien de l'estime de soi et des moyens à développer par le personnel des EMS.

Aborder le sentiment d'identité et l'estime de soi peut se faire sous 4 axes complémentaires :

1. Le rapport de place
Nous sommes tous liés à des statuts différents qui sont définis par la société qui nous entoure et notre interprétation individuelle.
A ces statuts correspondent des attentes de rôle.
Une personne âgée en EMS, à fortiori atteinte de troubles psychogériatriques, a un statut très dévalorisé par le fait qu'elle ne répond plus aux critères de productivité et de jeunisme de nos sociétés actuelles.
Mme Christen relève la position souvent paradoxale du résident qui est à la fois un "client" qui paye son hébergement mais aussi une personne qui a une dépendance obligée vis à vis du personnel. Ce dernier, sous couvert de favoriser l'autonomie du résident, envoie au résident un message paradoxal du type :"soyez autonome !"
Elle suggère de préserver au maximum la petite marge d'autonomie qui subsiste chez toute personne, même très démentifiée, de lui laisser choisir des petites choses dans sa vie quotidienne, qui paraissent insignifiantes pour nous mais sont fondamentales pour lui.
Cette participation volontaire du résident favorise la gratification narcissique nécessaire à son estime de soi

2. Le contrôle
Pour un résident, la vie en collectivité entraîne souvent un sentiment de perdre le contrôle des événements qui lui arrivent. Tout est décidé à sa place : l'heure des repas, l'organisation des soins, les activités sociales du jour, etc.
Il devient hétérodéterminé et peut sombrer dans une impuissance acquise qui l'entraîne assez vite vers la dépression.

3. Le sentiment d'identité
A ce sentiment correspond le ressenti d'être toujours le même tout au long du temps qui passe et aussi d'être unique et donc différent de l'autre.
Mme Christen précise le mouvement dialectique entre les deux mouvements identitaires (cf. schéma)
En EMS, il est très difficile pour un résident de sortir du nous et affirmer son unicité.


4. La reconnaissance de la demande
En EMS, ily a beaucoup de demandes qui ne sont pas exprimées (cf. impuissance acquise). Pour le résident, il est souvent résigné ("à quoi bon ?") et pour le professionnel, entendre une demande entraîne le risque de ne pas pouvoir y répondre.
Mme Christen souligne l'importance d'entendre ces manifestations du DESIR du résident, signe de son élan vital et de sa recherche de complétude jamais satisfaite qui nous caractérise tous.

La demande ne peut pas toujours être satisfaite mais elle peut être rencontrée.